Une ville sans plantations et sans port
C’est tout le paradoxe. Le café et le cacao viennent de loin, mais ils trouvent à Turin des consommateurs, des artisans, des cafés historiques et une culture capable de transformer une matière importée en produit urbain identifiable.
D’abord, la cour
Le chocolat entre dans la culture turinoise par la cour de Savoie dès le XVIIe siècle. D’abord boisson précieuse liée au cérémonial aristocratique, il gagne ensuite la ville, les confiseries et les ateliers.
Puis vient la machine
Au XIXe siècle, Turin développe une forte culture technique. En 1819 Giovanni Martino Bianchini conçoit une machine pour broyer cacao, sucre et épices. Quelques années plus tard, Caffarel utilise moulins et pétrins actionnés par l’eau pour produire du chocolat en quantité.
Le café devient une question de temps
En 1884, Angelo Moriondo présente à Turin une machine à vapeur capable de préparer rapidement de grandes quantités de café. Ce n’est pas encore l’espresso moderne, mais l’idée décisive est là : accélérer l’extraction grâce à la mécanique.
De la machine à la culture industrielle
En 1895 Luigi Lavazza ouvre sa première épicerie à Turin et développe l’art du mélange de cafés d’origines différentes. Turin ne produit pas le café : elle produit savoir-faire, mélange, procédé et industrie.
Le chocolat turinois : invention et adaptation
Lorsque le cacao devient rare pendant la période napoléonienne, les chocolatiers turinois s’appuient sur la noisette piémontaise. Au XIXe siècle, cette rencontre mène à la pâte gianduja puis au gianduiotto.